Petrek  

France...Bourg en Bresse
Création Gagner d’accord …mais gagner quoi ?

Même si L’air de rien concert dès 6 ans se joue encore cette saison...

Chant, guitare : PETREK

Guitares, chœurs : Malhory MARET

Batterie, percussions, vibraphone, chœurs : Thibaut MARTIN

Contrebasse, basse, choeurs : Thierry KÜTTEL

Sonorisation : Henri GOUDARD, Hervé FRACHET Lumières : Jean BUYER, Dominique PREVEL

Mise en scène : Françoise CASILE Scénographie et costumes : Christine LEBLANC

La nouvelle création s’appuie sur la même équipe de musiciens que pour L’air de rien, avec une ouverture sur d’autres instruments comme le vibraphone ou la cruche d’eau… Un nouvel éclairagiste a rejoint l’équipe de techniciens.

Au début tout commence… Ma vie à moi a commencé une nuit … Oui, j’ai vu le jour, la nuit ! Cette nuit-là, où je suis né, entre mon père et ma mère. Le monde lui était là depuis bien longtemps… M’attendait-il le monde ? Non, sans doute que non… Mes parents m’attendaient eux… Le monde, lui, il continuait sa route… Mais sa route, allait devenir la mienne, cette nuit là… La mienne et celle de tous ceux qui m’entourent…

Le spectacle débute sur la chanson Belle boule :

Belle boule Grosse balle Madame pourquoi t’es ballonnée

Belle bosse Grosse malle Madame t’as l’air de respirer

Ça bouge C’est rouge Comme une grenadine Le sang d’une mandarine

Ça bouge C’est rouge Comm’ le cœur d’un volcan Le cœur de deux aimants

Un pull Bleu pâle Madame quelle main t’a tricoté

Une bulle T’emballe C’est de l’ozone pour te garder

Terre à terre Je veux bien Nez à nez Nous les terriens

Cette chanson donnera la couleur au spectacle dès les premières notes… Si L’air de rien était centré sur l’humain, ce spectacle commence en contrepoint, comme un complément à celui-ci. Le début s’articule autour des éléments contextuels dans lesquels l’homme évolue… La terre, le vent et l’eau.

L’utilisation d’instruments tels que vibraphone, tablas et tambours d’eau apporteront une couleur naturelle qui viendra « se frotter » aux instruments électriques qui, eux, restent bien présents dans ce nouveau spectacle. Il me semble important que l’enfant ouvre ses oreilles sur une palette très large de son et que le concert soit aussi un lieu où se rencontrent des pratiques musicales variées.

Puis… Le vent

Comme une lettre porte le sceau De la main qui tient le crayon Le vent transporte sur son dos Le parfum d’un autre horizon

Comme une plume dans les airs Le vent m’apporte des nouvelles Depuis l’aut’ côté de la terre Pour les porter une hirondelle

Comme le courant de la rivière Conduit de la source à la mer De nos odeurs et de nos plats Le vent gonfle son estomac

Le rigolo va dénicher La poésie dans tous les coins Et mettre à jour pour s’amuser Sous une jupe un collant fin

Et si quelques fois on suppose Qu’il est tombé, qu’il se repose Eh bien non, c’est chez le voisin Qu’il est allé planter son grain

Il fait grandir au cœur du feu Le camp où dansent les guitares Et mes amis ont dans les yeux Les couleurs qui font veiller tard

L’idée du spectacle, la problématique est la suivante :

« Dans un monde où mécanique et comptabilité transforment et standardisent les rapports humains, comment l’enfant (et plus généralement l’humain) peut-il rester éveillé et quelle stratégie s’offre à lui afin de re-poétiser son quotidien ? »

Gagner d’accord… mais gagner quoi ?

Les grosses badernes de la croissance Les « pas plus loin qu’le bout d’leur nez «  Les « moi j’m en fous, j’ai plein d’essence ! «  Les « tiens fiston… j’ai mon chéquier ? »

Les gars qui s’amusent aux manettes Ceux qu’ont dans leurs deux mains les rennes De la grande roue de la planète Qui font briller toutes leurs sirènes

Refrain : Gagner gagner on parle que d’ça Gagner d’accord mais gagner quoi ? En quoi elle sera la médaille Si le train de la vie déraille ?

Si pour posséder j’écrabouille Les belles pensées de mon voisin Alors qui demain dans ma gadouille Mettra des fleurs dans mon jardin ?

Quand on aura les belles pépettes On aura beau faire les cadors Les beaux bijoux et les paillettes Ça n’empêche pas de mourir mort

Pendant qu’à l’autre bout d’la planète Ou près d’ici sous mes fenêtres Un copain cherche à partager Le pain que certains vont gâcher

Allons enfants de la débrouille Le jour approche, ouvrons les yeux Serrons les rangs, hardis l’arsouille Debout les gars, ventre saint bleu !

L’idée de résistance planera en filigrane sur l’ensemble du spectacle. Les stratégies de résistance sont diverses… De la pratique de l’art à l’écologie ...

Un clin d’œil au Diogène cynique avec cette évocation d’un Diogène urbain en 2007. Et si la résistance passait par le sourire affiché, la révolte des sourires en réponse aux stratégies du monde moderne…

Monsieur Diogène

Sur le chemin, le nez à l’air J’ai croisé l’homme dans son tonneau D’un malheureux n’avait pas l’air Différemment il était beau

De son regard il nous perçait Soufflant le vent de la folie Et la grisaille se dégrisait Sous les pinceaux de ce génie

Il chantait :

Mettons du rouge à nos naseaux… Buvons la vie comme des trous Sous chaque pas, dans chaque mot Tirons la langue par tous les bouts !

Il plantait l’or au coin des rues Un mot, des notes, une étincelle Un pas de danse et un salut Mettait du mieux dans nos ruelles

Infatigable il art-plantait Tous les trottoirs de la cité Monsieur Diogène on l’appelait Lui c’est l’orange qu’il a pelée

Ce spectacle s’appuie sur les réalités qui entourent l’enfant, il ne triche pas avec les difficultés du monde dans lequel il évolue… Mais au final, l’optimisme doit l’emporter comme une lueur d’espoir, lueur nécessaire à la poésie, matière à façonner l’avenir de l’enfant, notre avenir…

Viva la vie… !

1- ça vaut la peine Faut s’amuser Violon, violettes dans nos veines Laisser couler Mignons, minettes…Allons chanter…

2- ça vaut la peine Décontractés Mirliton, mimolette dans nos veines Ensoleillées Miron, Mirettes…Allez…chantons à tue tête…

Refrain : Viva la vie…

3- ça vaut la peine faut rigoler Potirons, bicyclette Et dans nos veines Rabibocher Basson, Belette… Allons…

4- ça vaut la peine Tout barioler Patachon, patinettes dans nos veines Tout mélanger Torchons, serviettes … Allez…chantons à tue tête…

« Petrek, il n’a pas l’air comme ça… Il arrive, l’air de rien, sur un plateau, avec ses mots en bandoulière…Avec ses airs de grand frère qu’on aurait aimé avoir, il pourrait nous mettre vite fait dans sa poche… Mais non, on lui demande quand même un peu plus, faut pas déconner, il est chanteur… Alors qu’il chante. Et justement, quand il s’y met, on écoute, on regarde et on se dit que Petrek il fait du bien. Ses textes sont une belle parole, tant au niveau de ce qu’ils nous racontent qu’au niveau de comment il les raconte. Ballade poétique au milieu des vallons de la vie… Certains textes m’accrochent plus que d’autres mais c’est pas grave, je suis bien en Petrekie. J’aime son vieil arbre qui a tout compris de la vie. J’aime ses coups de gueule, à sa manière, contre une société qui tourne pas bien rond. J’aime ce qu’il raconte à nos gamins. On pourrait le taxer de démago, de naïf, de simpliste… Mais ça fait du bien aussi des propos comme ça et je le remercie de mettre en mesure ce qu’on ne doit pas cesser de rappeler à nos petits. Surtout quand l’urgence nous brûle les fesses. Et s’il n’y avait que ses textes… Ce que j’ai toujours aimé chez Petrek, c’est la richesse de la composition musicale. Et là, je retire l’unique projo éclairant Petrek et ouvre le rideau sur Malhory Maret, Thierry Küttel et Thibaut Martin, ses musiciens. Il râlerait d’ailleurs que j’écrive « ses » musiciens… Une si belle complicité les unit au plateau, autour d’un objet musical qu’ils regardent les yeux brillants et le sourire au bout des doigts… Ca joue Messieurs, Dames, ça joue. Ca joue avec bonheur. Les arrangements, mélodies et airs musicaux sont d’une richesse rare selon moi dans le champ du concert jeune public. Mais surtout, avant tout, avant tout ça, comme un tronc fondateur, l’humain… Comme un bonheur rectiligne… Passer du temps avec Petrek et ses musiciens, et pour tous ceux qui les rencontrent, les spectateurs comme les équipes, c’est comme faire fondre le beurre sur la tartine chaude avant d’y mettre la confiture, comme prendre une douche après avoir marché sous l’orage, comme faire le premier pas dans la neige, comme manger un sauté de porc aux abricots avec des pommes grenailles quand on a très très faim, ça fait du bien… »

Célia Deliau, directrice de l’Espace Culturel de Saint-Genis-Laval (69)

Le projet artistique que je cherche à développer depuis plusieurs années et plus particulièrement à travers ce nouveau spectacle, s’articule autour d’une certaine idée de ma communication à l’enfance…

Ecrire des chansons pour le jeune public est un chemin possible pour interroger mon propre regard à l’enfance. Je n’écris pas en direction du Jeune Public, j’écris pour la part d’enfance que je crois déceler chez l’adulte que je suis. Ce faisant, je porte à l’autre, enfant spectateur ou parent éducateur accompagnant, une vision du monde , un regard, une expérience singulière.

Cette expérience singulière sur laquelle je m’appuie pour écrire textes et musiques des chansons prend sa source dans un quotidien très actuel.

Pour ces nouvelles chansons, afin d’être le plus juste possible, il m’a semblé intéressant d’écrire à la première personne du singulier. Je ne suis, à aucun moment du spectacle, un enfant. Je ne joue pas à l’enfant, je suis l’adulte… Et c’est en tant qu’adulte que je m’adresse au public. Le fait de m’adresser ainsi à celles et ceux qui m’écoutent me permet de ne pas travestir le propos et, enfin, de ne pas fantasmer le regard de l’enfant sur ce qui l’entoure… Non, je ne fais que lui proposer ma vision du monde.

C’est par le truchement du Je que j’aborde ma relation au spectateur . Je fais le pari de notre rencontre possible.

Qu’on l’appelle Chanson Jeune Public ou chanson tout court, l’acte de chanter n’est pas anodin. Dans mon cas, il ne s’agit délibérément pas que de divertissement.

Si, bien sur, dans la construction du spectacle il y a , et notamment grâce au travail de mise en scène, un soucis permanent de ne pas lâcher l’attention du jeune spectateur, il n’en reste pas moins que je pense que ma chanson en direction de ce public est exigeante.

Les textes

Le vocabulaire employé demandera certaines fois à l’enfant d’aller piocher dans le dictionnaire ou tout au moins de questionner l’adulte. Dans ce travail de recherche du sens des mots, le spectacle continue à vivre…

Un enfant après un spectacle m’a demandé ce que voulaient dire ces deux strophes :

Quand le jour pèse comme une enclume Les mots délivrent leur sac de plumes.

L’échange qui s’en est suivi fut intéressant pour l‘un comme pour l’autre… Il n’avait donc pas compris ce « passage » .… Pour autant avait il mal vécu le spectacle ? Non. En discutant du sens de ces mots, je voyais le spectacle repasser en boucle sous ses paupières d’enfants. Le spectacle continuait à vivre hors du plateau. J’aime quand le spectateur s’interroge.

De mon point de vue, un spectacle, comme une chanson doit pouvoir s’appréhender sur la longueur. Une première écoute doit être possible, mais le travail de création doit être assez riche pour que les écoutes ultérieurs enrichissent la première.

La musique

La musique est le véhicule des mots. Il s’agit, dans le cas de ce nouveau spectacle, d’offrir à l’oreille de l’enfant des sonorités, des constructions harmoniques, des rythmes très différents les uns des autres afin d’élargir sa propre sensibilité musicale. Il me semble que j’ai le devoir, si j’ai la chance de chanter devant ce public, de lui faire des propositions musicales différentes de celles qui tapissent son quotidien.

Ainsi tambours d’eau, vibraphone, tablas, contrebasse viennent s’ajouter aux instruments du combo classique basse, guitare, batterie.

PETREK www.petrek.fr

Jeudi 20 Mars 14h et 19h Scène Nationale l’Hexagone- Meylan Vendredi 21 Mars 20h Scène Nationale l’Hexagone- Meylan

plus de details sur son trés beau site
www.petrek.fr

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